La nouvelle posture économique des États-Unis, quels défis pour l’Europe ?

Intervention de Louis Gallois, ancien dirigeant de la SNCF et d'Airbus, co-président de la Fabrique de l'industrie, lors du colloque "Le Nouveau monde est-il si nouveau ? - L'Amérique et nous" du mardi 23 septembre 2025.

Merci, Marie-Françoise Bechtel. Je vais m’inscrire dans la continuité des présentations précédentes.

Avant d’essayer d’esquisser ce qui pourrait être la riposte, je voudrais quand même préciser quelle est la « posture » économique de Donald Trump (je ne dis pas la « politique » économique parce que Donald Trump est au-dessus de ça). Je reprends le terme d’unilatéralisme. Quand j’étais plus jeune je parlais d’impérialisme mais je me contenterai de l’unilatéralisme. Je reprendrai aussi une expression assez juste de Nicolas Baverez qui parle d’un « capitalisme de prédateurs ». Capitalisme fondé sur la puissance et le rapport de force, qui ne connaît ni allié ni ami mais uniquement des personnes avec lesquelles il faut gagner le rapport de force. Et il est clair qu’avec l’Europe Donald Trump l’a gagné.

Quelles sont les caractéristiques de cette posture économique ?

Le premier élément est évidemment l’usage qu’il fait des droits de douane.

D’abord dans le but de protéger son industrie. Cela dans la grande tradition américaine de Friedrich Listau XIXe siècle : il faut protéger l’industrie naissante américaine pour qu’elle puisse se développer. Je rappelle qu’entre 1870 et 1913, les droits de douane américains n’ont jamais été inférieurs à 38 %… ce n’est quand même pas mal !

Les recettes sont le deuxième objectif. On recherche des recettes, martèle Donald Trump, exprimant très franchement ce qui, habituellement, est pudiquement caché (les droits de douane ne sont pas faits pour créer de la recette).

La troisième utilisation des droits de douane est franchement nouvelle : c’est un instrument de chantage. « Vous voulez continuer à acheter du pétrole russe, Messieurs les Indiens ? On vous applique 50 % de droits de douane. Vous faites des misères à M. Bolsonaro, M. Lula ? Droits de douane à 50 %. » C’est une utilisation assez nouvelle des droits de douane comme instrument de pression politique.

Le deuxième élément est le rejet du multilatéralisme. L’OMC est en état de mort clinique. Il n’y a plus que quelques Européens pour y croire encore. Je vous rappelle que nous-mêmes nous ne respectons pas les règles de l’OMC. En effet, l’accord qui avait été conclu avec les États-Unis, qui réduit à zéro les droits de douane pour les produits américains venant en France, ne respecte pas la clause de la nation la plus favorisée. Donc nous dérogeons déjà aux règles de l’OMC.

Et puis il y a cette détestation de l’Union européenne qu’évoquait Hubert Védrine, fondée sur le sentiment que l’Europe aurait vécu aux crochets des États-Unis et que sa prospérité est due au fait que, d’une certaine manière, elle aurait pillé les États-Unis. Mais il y a aussi cet élément de haine de la réglementation qui, évidemment, s’oppose à l’expansion des plates-formes américaines en Europe.

Moins évidente mais réelle, la tentative pour réduire les dépendances. Réouverture des mines, développement des énergies fossiles disponibles sur le sol national, diversification des sources de matières premières (Ukraine, Groenland). Dans ce domaine il y a une vraie cohérence dans la politique.

Activisme à l’exportation, ça va de soi.

Pour des raisons liées à mon histoire personnelle je m’intéresse particulièrement au secteur aéronautique. Donald Trump ne fait pas un voyage qui ne soit l’occasion de vendre des avions pour Boeing. Il est en train de remettre Boeing sur pied, à la fois en lui confiant des programmes militaires extrêmement importants et en lui assurant des débouchés commerciaux.

Il fait pression évidemment sur l’Union européenne pour qu’elle achète des produits énergétiques dans le cadre d’un accord absurde ! Nous devons acheter, dans les cinq ans qui viennent, 750 milliards de dollars de produits énergétiques ! D’abord nous ne saurions que faire d’une telle quantité. D’autre part les Américains ne sont pas capables de les produire. Ou alors il faudrait que la totalité de la production exportée américaine soit destinée à l’Europe.

Donc on est dans un ensemble à la fois cohérent et hors du rationnel.

Comme Hubert Védrine, je n’exclus pas que nous subissions un deuxième coup de vent douanier, surtout si nous ne respectons pas les accords que Mme von der Leyen – avec un mandat dont j’ignore s’il était négocié avec les États – a lâchés. Mme von der Leyen a considéré que nous devions acheter plus d’équipements de défense aux États-Unis. Elle ne l’a pas dit dans sa conférence de presse, laissant à Donald Trump le soin de le dire. Il y a aussi cet accord sur les 750 milliards de produits énergétiques, si nous ne le respectons pas… De même les réglementations sur les plates-formes numériques pourraient être à l’origine d’un nouveau mouvement d’humeur de Donald Trump.

Mais un nouveau champ va probablement s’ouvrir, c’est le champ monétaire.

Jusqu’à maintenant ce champ monétaire a été peu exploré par Donald Trump, gêné par l’indépendance du Président de la Fed, Jerome Powell et par le fait qu’il n’a pas (encore) la majorité au Conseil des Gouverneurs de la Fed. Mais les choses sont en train de bouger avec le départ d’une des gouverneures de la Fed et son remplacement par un proche de Donald Trump.

Il n’en reste pas moins que le dollar s’est déprécié de 14 % par rapport à l’euro depuis le début de l’année. Le choc est aussi lourd que celui des droits de douane à 15 %. Et l’ensemble fait près de 30 % (je pense que le champagne français va devenir un peu plus rare aux États-Unis). Mais une fois que M. Powell aura été dégagé, soit parce que Donald Trump parviendra à le faire partir, soit parce que la fin de son mandat arrive au printemps 2026, je crois qu’on va voir émerger les idées de M. Miran, l’actuel conseiller économique de Trump qui a été nommé parmi les gouverneurs de la Fed. La préoccupation majeure de cet économiste de bonne qualité est le financement du déficit budgétaire américain. Pour cela il se dit prêt à utiliser l’arme du dollar. Cela consiste à dire aux pays qui utilisent le dollar comme monnaie de transaction (pratiquement tous les pays le font puisque 70 % des échanges mondiaux se font en dollar) : « Si vous voulez continuer à utiliser le dollar vous devrez acheter des bons du Trésor américain. Et ces bons du Trésor américain vont être à un taux réduit. » Il a même parlé de taux zéro ! Ce serait alors une véritable ponction sur la richesse mondiale au profit des États-Unis. On se trouve face à une tentative de faire financer le déficit budgétaire américain par les pays qui utilisent le dollar. J’attends de voir comment vont réagir un certain nombre de pays. Les Chinois sont en train de réagir d’une manière parfaitement claire, ils essayent de sortir de ce piège du dollar en multipliant les échanges en renminbi et non plus en dollar. L’Europe serait bien inspirée de se dégager elle-même, autant qu’elle le peut, du dollar pour ne pas être prise dans cette nasse. Un souvenir : quand j’étais chez PSA, il y avait eu un embargo sur l’Iran. Carlos Tavares était allé essayer de négocier aux États-Unis (nous faisions 40 % du marché iranien, soit 300 000 véhicules par an), arguant que nous avions des usines là-bas, etc. Si vous jouez ce jeu-là, les banques qui vous financeront seront privées de dollars… ce fut la réponse. C’était très clair. Nous n’avions pas joué ce jeu-là, nous avions arrêté toutes nos activités en Iran.

Maintenant se pose la question : que faire ?

La riposte européenne à court terme on a vu ce que c’était. Il y avait à cela des raisons objectives. Hubert Védrine en a évoqué quelques-unes.

La première raison est que l’Europe n’est pas capable d’assurer elle-même sa défense. Et je pense que le dossier ukrainien a été présenté comme un élément de pression sur l’Europe.

La seconde raison est que nous étions divisés. Les Allemands et les Italiens, gros exportateurs aux États-Unis, voulaient à tout prix un accord et les 15 % leur ont paru être acceptables. « Cela aurait pu être pire », comme on dit dans ces cas-là, l’aveu de la défaite…

Je pense que nous n’étions pas, et que nous ne sommes pas actuellement, en mesure de bâtir une véritable riposte aux États-Unis dans un bras de fer sur les droits de douane ou autre sujet économique. Tout le travail consiste maintenant à voir comment nous pouvons être capables de créer les conditions d’un rapport de forces plus équilibré.

Je vais décrire quelques éléments de ce qu’on pourrait appeler une politique d’indépendance européenne. Je n’emploie pas le terme « souveraineté » qui voudrait dire qu’il y a un État européen, on n’en est pas là. Je me poserai ensuite la question de savoir si l’Europe est capable de la mener et dans quelles conditions elle serait capable de la mener.

Premier élément, il faut rompre avec la doxa libérale.

Je ne suis pas pour la fermeture des frontières. L’Europe, continent exportateur, ne peut pas fermer les frontières. La France, elle-même, exporte pour 600 milliards d’Euros à travers 150000 entreprises Mais je pense qu’il faut en finir avec la doxa libérale et que le principe de réciprocité commerciale doit être appliqué à la lettre. Nous ne devons pas accepter des produits fabriqués dans des conditions qui ne sont pas acceptées en Europe. Nous ne pouvons pas accepter l’accès à nos marchés publics aux entreprises de pays où nous ne pouvons pas accéder aux marchés publics. Je pense qu’il y a un ensemble d’éléments que nous devons être capables de mettre en œuvre. La Commission est d’accord. Le problème c’est qu’elle ne les met pas en œuvre ou elle le fait avec un retard tel qu’une grande partie des dégâts sont déjà accomplis. Je pense que dans ce domaine il faut complètement changer de rythme. Nous devons avoir une capacité de réciprocité immédiate.

Les tarifs douaniers pour protéger nos industries émergentes concernent beaucoup plus la Chine que les États-Unis. En effet la capacité des États-Unis à exporter en Europe est très limitée hors produits énergétiques alors que celle de la Chine est illimitée. Il s’agit donc de nous placer dans la situation d’un continent émergent sur un certain nombre de technologies par rapport à la Chine. Il faut donc jouer le jeu que la Chine a joué vis-à-vis de nous pendant quinze ou vingt ans, depuis Deng Xiaoping, c’est-à-dire qu’on n’accepte les exportations que si elles sont accompagnées de la création de joint-ventures ou de sociétés communes à 50/50 sur le sol européen et s’il y a transfert de technologies. Quand j’étais chez Airbus, j’avais été reçu par un Vice-premier ministre chinois qui m’avait dit, aimablement mais clairement, en me désignant le patron de Comac (Commercial Aircraft Corporation of China), qu’il souhaitait vivement que nous coopérions avec lui.

Pour ce qui concerne la France et l’Europe, je pense que nous devons mettre la production au premier rang, instaurant un véritable pacte productif. C’est ce que je propose pour la France : un véritable pacte productif, que toute l’énergie du pays soit rassemblée pour produire. Que nous ne soyons plus ce pays, ce continent, de consommateurs mais que nous soyons des producteurs. Bien sûr cela demandera des efforts mais ce sera sans doute plus stimulant pour les Français que de leur parler de la couverture du déficit budgétaire et c’est de fait la condition d’une croissance retrouvée, d’une plus grande autonomie et d’une plus grande capacité de résistances aux crises.

Dans un certain nombre de domaines nous devons mener une politique d’indépendance au niveau français et au niveau Européen. Je les cite rapidement mais pour moi ils sont importants :

Le domaine des matériaux critiques. L’inventaire français fait actuellement l’objet d’un gros travail de mise à jour Il faut que nous soyons capables de rouvrir des mines en Europe, des mines de terres rares en Suède, des mines de lithium dans l’Allier ou en Alsace. Nous devons faire comprendre à la population qu’il faut à nouveau rechercher des produits miniers. On sait le faire en protégeant l’environnement bien mieux que dans le passé.

Le secteur de la défense et de l’espace ne peut être qu’une affaire européenne. Nous n’allons pas agir seuls dans le domaine des industries de défense. Mais je ne vois pas que ça se fasse dans le cadre de l’Union européenne parce qu’il faut évidemment que les Britanniques soient avec nous. D’autre part il est clair que cela ne peut se faire à 27, je reviendrai sur ce point.

L’énergie est un vaste sujet, vous l’avez dit, sur lequel nous sommes en train de nous faire asphyxier. Le prix de l’énergie en Europe est de deux à quatre fois plus élevé qu’aux États-Unis.

Sur les semi-conducteurs, il est évident que nous ne sommes pas du tout à l’échelle des investissements qui se font dans le monde, qui se mesurent en dizaines de milliards. Or sans semi-conducteurs, il n’y a pas de production moderne (les Chinois sont en train de s’en apercevoir et font ce qu’il faut pour échapper à cette dépendance).

Dans l’Intelligence artificielle la seule entreprise Amazon investit 100 milliards de dollars. Nous ne sommes pas, là non plus, à la bonne échelle. Le rapport Draghi est net sur ce sujet.

On fabrique de moins en moins de principes actifs en France. On en fait peu en Europe. Les principes actifs viennent maintenant d’Inde et bientôt de Chine.

Une question se pose : avec qui faire tout cela ? Pouvons-nous avoir des alliés dans le monde ?

Je pense que nos premiers alliés pourraient être ceux qui souffrent de Donald Trump : le Brésil, l’Inde et l’Asie du Sud-Est. Les droits de douane sur le Vietnam, sur la Thaïlande, l’Indonésie sont punitifs Ce sont des pays avec lesquels il va falloir travailler. J’ai évoqué ce qu’il était possible de faire avec la Chine. C’est plus limité. Mais je pense que c’est tout à fait essentiel.

Se posera la question de l’accord sur le Mercosur. Je dois dire très franchement que j’ai changé d’avis sur ce sujet. J’étais opposé à l’accord sur le Mercosur. Je me pose sérieusement la question de savoir s’il faut continuer à y être opposé. Je sais bien les difficultés que cela crée pour une partie de notre agriculture mais on ne peut trouver là une occasion de coopération avec l’Amérique latine. Et on ne peut pas la laisser échapper. Cela fait vingt-cinq ans que l’on discute de l’accord du Mercosur, il va bien falloir qu’on passe à l’acte, en limitant autant que possible les dégâts que cela peut créer dans le secteur agricole et en compensant ceux qu’on ne peut éviter. Je note que les garanties actuelles dans le projet d’accord sont considérées par la FNSEA comme très insuffisantes.

Et puis il faut préparer le retour en Russie. Les Allemands sont en train de le faire. La Russie, qui a la taille d’un continent, est proche de nous et la guerre en Ukraine, je l’espère, va trouver une issue. Il y a un moment où nous allons rétablir des relations avec la Russie, nous n’allons pas laisser Donald Trump le faire seul. Il va falloir retrouver les voies d’un dialogue avec la Russie. Nous devons nous y préparer, y compris sur le plan industriel.

Ma conviction est que tout ceci est bien beau mais que l’Europe n’est pas capable de mener un tel programme, que sa gouvernance actuelle ne le lui permet pas.

Au risque de choquer Hubert Védrine qui a des sentiments européens forts, je m’interroge : en quoi l’Europe a-t-elle vraiment réussi ? L’Europe est la zone du monde ayant la plus faible croissance. Le rapport Draghi nous a montré que nous étions en train de décrocher sur le plan technologique et que si nous ne réagissions pas violemment, nous allions vers ce qu’il appelle « une lente agonie ». Je précise que depuis un an (le rapport Draghi est sorti en septembre 2024) peu de choses se sont passées. Enfin on a vu que le fait d’être une puissance commerciale considérable n’était pas de nature à nous permettre de peser dans une discussion d’égal à égal avec les États-Unis. Il faut prendre acte du fait que l’Europe ne fonctionne pas bien et que ce fait est un handicap pour tous les pays européens.

Nous avons besoin de l’Europe, évidemment. Mais nous avons à nous poser sérieusement la question : pouvons-nous continuer avec la gouvernance actuelle ? Cette gouvernance est marquée par l’expansionnisme de la Commission, directement alimentée par Mme von der Leyen qui n’hésite pas à proposer un « mur antidrone » à la frontière est de l’Europe alors que la Commission n’a aucune compétence en matière de défense. La bureaucratie, la lenteur de la Commission sont un problème dont on ne voit pas la solution. N’ayant pas d’argent la Commission émet des règlements. Elle est soutenue dans cette voie par le Parlement Européen qui veut légiférer Depuis 2019 les États-Unis ont publié 3000 textes, l’Europe 13000 ! Je fais confiance à ceux qui les ont comptés ! Cette prolifération de textes est due au fait que c’est le seul instrument qu’aient entre les mains la Commission et le Parlement. En effet le budget européen est – et va rester – un budget faible.

Et puis nous sommes 27. Il est impossible de trouver un consensus dynamique capable de réunir 27 pays qui ont des situations totalement différentes. C’est déjà extrêmement difficile entre les pays du noyau dur de l’Europe, c’est-à-dire les pays de l’Europe de l’Ouest que l’on connaît bien. À 27 c’est impossible … et nous serons bientôt 31 !

Je pense qu’il y a là un sujet de réflexion.

Que peut-on faire ?

D’abord recentrer la Commission, lui rappeler qu’il y a des textes qui limitent ses compétences. On a parlé de la subsidiarité (Delors en parlait lui-même) dont la mise en œuvre exige qu’un grand nombre de décisions ne soient plus prises à Bruxelles mais dans les États. La question est de savoir quel rôle on donne aux États au sein de l’Europe.

Ensuite renforcer le Conseil Européen qui n’a pas à sa disposition les mêmes équipes que la Commission. Le Conseil est faible parce que son expertise est celle de la Commission et qu’il en est ainsi dépendant.

Et puis il faut laisser les États libres d’engager les coopérations entre pays volontaires qui le souhaitent. Je ne parle pas ici des coopérations renforcées qui ne se font pas de manière autonome – la Commission les contrôle -. Il faut aller à Bruxelles plaider pour ces coopérations. Et la Commission a tendance à vouloir élargir ces coopérations entre pays volontaires à d’autres pays candidats. Ce n’est pas du tout ce qui permet d’établir des coopérations fortes sur les sujets que j’ai évoqués. 

Sur les semi-conducteurs on doit faire ça à quatre ; sur l’industrie de défense il faut faire ça à sept ou huit pays, pas plus. On peut faire la liste des pays qui ont des capacités industrielles, une volonté de travailler ensemble et qui acceptent qu’il y ait entre eux une répartition des tâches. D’autant plus que, là aussi, sur le sujet des nouvelles technologies comme les sujets de défense il faut que nous ayons les Anglais avec nous, sinon ils iront avec les Américains. C’est extrêmement important.

Je rejoins la conclusion d’Hubert Védrine : tout cela n’est qu’utopie. C’est toutefois une direction dans laquelle il faut s’engager. Et si on veut faire des progrès il faut savoir où on veut aller. Je pense qu’il faut aller vers un remodelage profond de la gouvernance de l’Europe. Nous ne pourrons pas nous en sortir avec la gouvernance actuelle. Le problème c’est le délai parce que si, comme vous le dites, il faut dix ans pour cela, dans quel état serons-nous dans dix ans ? Merci.

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Le cahier imprimé du colloque « Le Nouveau monde est-il si nouveau ? – L’Amérique et nous » est disponible à la vente dans la boutique en ligne de la Fondation.

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