Assurer les conditions de la soutenabilité démographique du modèle social
Intervention de Tristan Claret-Trentelivres, haut fonctionnaire, co-auteur de la note "Pour un renouveau démographique : la stratégie du troisième enfant", lors du colloque "Le modèle social français a-t-il un avenir ?" du mercredi 26 novembre 2025.
Merci beaucoup.
Très complémentaire en effet. Après ces développements très intéressants sur les questions éducatives, je vais m’efforcer – difficile tâche – d’esquisser les enjeux et perspectives du volet démographique de l’avenir du modèle social français.
La soutenabilité démographique des sociétés constitue en effet une condition évidente mais souvent inaperçue de leur prospérité. On parle beaucoup, on a beaucoup parlé ces dernières années, on parlera encore certainement beaucoup à l’avenir, de la soutenabilité environnementale. Mais on parle beaucoup moins de la soutenabilité démographique. Or la soutenabilité démographique est une question tout à fait fondamentale pour l’avenir d’une société, ses capacités à perdurer. Il s’agit littéralement de sa capacité à se renouveler, à renouveler les générations, donc à perdurer dans le temps. Une société en effondrement démographique, et cela peut vite advenir étant donné le caractère exponentiel des dynamiques démographiques, perdra inévitablement ses capacités à fonctionner correctement et condamnera son système de protection sociale. Toute réflexion de « développement durable », selon le terme consacré, devrait donc intégrer cette dimension et les politiques publiques sont des outils légitimes pour faire face aux enjeux démographiques, pour essayer du moins, même si le sujet est difficile comme on le verra.
En France, après une longue indifférence aux questions démographiques, la question s’impose à nouveau dans le débat public et dans l’actualité, dans un contexte de crise de la fécondité à la fois au niveau national et au niveau mondial. Sur l’année 2025, pour la première fois depuis la Seconde guerre mondiale, la France va connaître un solde naturel négatif. L’inquiétude sur la question renaît aujourd’hui alors qu’elle avait disparu dans une période où la France faisait figure de parangon en matière de fécondité, notamment dans les années 2000 et au début des années 2010, quand la France, nation historiquement inquiète sur le sujet, se considérait comme un modèle. Aujourd’hui nous n’en sommes plus là et il est nécessaire d’adapter nos représentations à cette nouvelle réalité et de prendre des mesures énergiques sur le sujet. C’est en tout cas ce que je soutiendrai ici puisque ce sont les fondations du modèle social français elles-mêmes qui sont directement menacées, probablement à plus long terme que ce qui a été évoqué dans les précédentes interventions mais de manière tout à fait décisive, voire inéluctable en l’état du système, dans la mesure où le modèle social français est largement indexé sur la démographie de notre pays.
Ce que nous proposons, Oscar Bockel et moi-même, dans une note sur le sujet, publiée très récemment par la Fondation Res Publica, c’est de prendre ce sujet à bras le corps, d’en faire le sujet central du débat politico-administratif qu’il n’était pas encore et qu’il doit tendre à redevenir. J’essaierai ici de revenir sur ce que nous avons développé dans cette note en me concentrant davantage sur le constat de la gravité du problème et de la nécessité d’agir. Je serai relativement succinct sur nos propositions mais nous pourrons y revenir dans la discussion.
Tout d’abord, cette soutenabilité démographique se trouve gravement remise en cause en France et plus largement dans le monde puisque nous faisons face à une crise globale de la fécondité. Un léger détour qui nous éloignera un peu de la situation franco-française me paraît utile. En effet la fécondité mondiale est passée en 2024 sous le seuil de renouvellement des générations (conventionnellement 2,1 enfants par femme) et la baisse rapide, voire l’effondrement dans l’ensemble des pays des taux de fécondité, est devenue une vérité presque universelle dans le monde. À l’exception du cas israélien, tous les pays développés ont une fécondité bien trop basse pour assurer le renouvellement des générations. La plupart des pays à revenus intermédiaires sont dans le même cas et ont connu un effondrement rapide. On peut citer la Chine, avec un taux de fécondité de 1 enfant par femme, le Brésil (1,4), l’Iran (1,6), la Thaïlande (à peine plus de 1), la Tunisie (1,4 ou 1,5), le Chili (1,1) et l’Inde qui est passée sous le seuil de renouvellement des générations l’année dernière.
Alors que les craintes de surpopulation étaient très fortes il y a quelques années et encore récemment et même si parfois, par effet d’inertie des représentations collectives, elles sont encore agitées dans le débat public, elles n’ont désormais plus lieu de l’être. La population globale ne croit plus désormais, pour quelques décennies encore, que par inertie, et la dynamique est inévitablement appelée à s’inverser d’ici une trentaine d’années. Le problème démographique du XXIème siècle sera la dépopulation et non la surpopulation, contrairement à ce que beaucoup craignaient. Le point décisif à avoir à l’esprit à cet égard c’est que les effets de l’infra-fécondité se révèlent en réalité bien plus pernicieux et dévastateurs que les effets démographiques des épidémies, des famines ou des guerres du passé.
Il ne s’agit pas d’une question de populations totales. On entend souvent l’argument selon lequel au XXème siècle la plupart des pays ont connu un bond démographique. On serait en fait dans une forme de retour à une situation précédente. Après tout la France avait 40 millions d’habitants en 1914… Ce genre de raisonnement se heurte au problème beaucoup plus sérieux de la pyramide des âges. Le problème n’est pas celui du nombre total d’une population mais de l’équilibre entre les générations au sein de cette population. La dépopulation tendancielle que beaucoup de pays, et désormais la France, connaissent ou sont appelés à connaître en l’absence de modification des tendances, va conduire – et conduit déjà pour un certain nombre d’entre eux – à une pyramide des âges inversée, dans laquelle le poids des générations les plus âgées tend à écraser les générations les plus jeunes, causant des problèmes monstrueux de soutenabilité du système économique et social. De plus, contrairement à des épisodes de crise brefs, très brutaux démographiquement tels que les guerres ou les épidémies du passé, ce vieillissement tendanciel sur la longue durée conduit structurellement à rendre le rebond de plus en plus difficile. En effet, les effets culturels cumulatifs font que les gens s’habituent à avoir moins d’enfants, la société s’habitue à un niveau de fécondité bas. Et les charges liées au poids des générations âgées qui pèsent sur la collectivité s’accroissent. Et quand on se rend compte du problème, quand on essaye d’agir, même si, par un effort spectaculaire de redressement, les taux de fécondité rejoignaient rapidement 2,1, la société serait déjà condamnée à une décroissance démographique de plusieurs dizaines d’années aux effets catastrophiques. Les effets permanents de la dénatalité, qui commencent par être indolores, s’installent rapidement, ce qui les rend particulièrement pervers, avec, pour les pays les plus touchés, une situation qui s’apparente à une véritable extinction potentielle à horizon d’un siècle. On peut citer de ce point de vue l’exemple ultime qui est la fécondité sud-coréenne. La Corée du Sud connaît une fécondité d’un peu plus de 0,7 enfants par femme, c’est-à-dire environ un tiers du niveau nécessaire pour renouveler les générations. C’est-à-dire que la taille de chaque nouvelle génération est divisée par trois et, en quatre générations, à peine plus d’un siècle, la taille d’une génération est divisée par 80 ! C’est donc bien une véritable extinction d’une population à l’échelle d’une vie humaine.
La Corée du Sud est relativement loin de nous à la fois géographiquement et culturellement mais nous avons des exemples de véritables catastrophes démographiques bien plus près. L’Italie et l’Espagne, des nations culturellement beaucoup plus proches de la France, connaissent un taux de fécondité à peine supérieur à 1 (en 2024 1,10 pour l’Espagne et 1,18 pour l’Italie). La situation de ces pays doit nous servir d’avertissement. La crise que nous connaissons est loin d’être le pire cas possible. Il est bien possible que, si nous n’y prenons pas garde, nous descendions bien plus bas.
La France avait connu après le début des années 1990 un rebond de sa fécondité qui lui avait permis d’atteindre – comme les États-Unis et à peu près dans la même temporalité – un niveau quasiment égal au taux de remplacement durant la décennie 2000 et le début de la décennie 2010, période où la France était considérée comme un modèle. Jusqu’à ce que, à partir de 2014, se produise un décrochage qui a été parfois attribué – sans doute un peu abusivement – à la réforme Hollande de la politique familiale. Ce décrochage s’est accéléré à partir du début des années 2020. La tendance à la baisse du taux de fécondité de la France métropolitaine (1,59 en 2024), se poursuit jusqu’à aujourd’hui. Cela conduit à une convergence partielle avec l’Union européenne où la moyenne baisse un peu moins vite qu’en France (la France a désormais un écart de 0,3 supérieur à cette moyenne par rapport à 0,5 il y a une quinzaine d’années).
Notre taux de fécondité est de 1,6 enfants par femme, ce qui peut sembler à première vue n’être pas si loin de 2 mais les écarts sont des écarts de proportions : un taux de fécondité de 1,6 entraîne une réduction de 25 % des effectifs d’une génération à l’autre. Chaque génération « perd » donc 25 % de ses membres, soit l’équivalent des effets démographiques Première guerre mondiale en permanence. En France, la classe 1914 (constituée des hommes nés en 1894) a en eu 24 % de tués pendant la Première guerre mondiale. La dynamique démographique actuelle conduit donc à ce niveau de « pertes » en permanence.
Par ailleurs, cette crise est rendue particulièrement aigüe en France en raison d’un modèle social très dépendant de la démographie. La démographie a des effets économiques d’une manière générale. Une littérature assez développée sur le sujet tend à conclure que le vieillissement conduit à une mobilisation moins productive de l’épargne et à une moindre créativité des individus, donc à moins d’innovation et de croissance économique tendancielle. Cela vaut pour tous les pays. La France est caractérisée de surcroit par un État social au poids particulièrement élevé en proportion du PIB (33 % du PIB environ). Les retraites par répartition faisant reposer les retraites des générations âgées (14 % du PIB) sur les cotisations des générations actives le rapport démographique entre actifs et retraités est forcément une donnée décisive. Par ailleurs, en France, les dépenses de santé, massivement socialisées et elles-mêmes largement corrélées au vieillissement, conduisent forcément à un poids croissant de la dynamique démographique qu’est le vieillissement sur le système social.
À la question de savoir si la générosité de ce système qui fonctionnait avec des cohortes nombreuses et une espérance de vie plus faible peut être maintenue dans un contexte de fécondité durablement inférieur au taux de remplacement la réponse, évidente à long terme, est non, sauf gains de productivité miraculeux sur lesquels il paraît difficile de parier. Or la tendance à la baisse de fécondité de ces dernières années pourrait bien se poursuivre. D’ores et déjà les hypothèses de fécondité du Conseil d’orientation des retraites (COR) en matière de futur des retraites ne sont plus adaptées puisque c’est l’hypothèse basse du COR qui est aujourd’hui le scénario actuel, en l’absence de baisse supplémentaire.
Tout cela pose des questions essentielles et le débat public doit prendre le sujet à bras le corps. Il faut comprendre que c’est un problème pour tous les Français, y compris ceux qui, à titre personnel, ne peuvent ou ne veulent pas avoir d’enfants. En effet, eux-mêmes vont générer des dépenses sociales dont le financement dépendra du dynamisme – ou de l’absence de dynamisme – de la société tout entière.
Donc en l’état, sans rebond démographique, à long terme le modèle français n’a pas d’avenir.
Cela pose la difficile question de savoir comment les pouvoirs publics et, de manière générale, la société, peuvent faire face à ce qui n’est pas une spécificité française mais un problème mondial.
Une solution ne nous paraît pas crédible, même si elle est souvent évoquée dans le débat public, c’est la compensation par l’immigration, en tout cas à l’échelle, pour pallier cette décroissance tendancielle de la population. Ceci pour plusieurs raisons. D’abord parce que la compensation à l’échelle du vieillissement par l’immigration nécessiterait des flux immenses. On parle d’une multiplication par six des flux migratoires actuels pour un pays comme la France, soit 2 millions d’immigrés par an, ce qui, à ces échelles, pose d’évidents problèmes d’intégration et de réalisme politique. Par ailleurs, ces flux énormes devraient être sans cesse croissants puisque la compensation des problèmes démographiques endogènes par l’immigration est une forme de pyramide de Ponzi migratoire dans laquelle, les immigrés vieillissant aussi, il faudrait compenser également les immigrés devenus âgés dans la génération suivante. Cette fuite en avant n’a aucune crédibilité en termes de politique publique.
Même au niveau micro, la question se pose de la solution par l’immigration dans la mesure où toutes les immigrations ne contribuent pas de la même manière à la soutenabilité du système social. Les études sur le sujet tendent à montrer qu’en termes qualitatifs l’immigration dont bénéficie la France aujourd’hui est particulièrement peu qualifiée par rapport à la masse de la population française et peu productive, avec des taux d’emploi particulièrement faibles, ce qui a tendance à faire conclure, par l’OCDE notamment, à une contribution socio-fiscale nette nulle ou légèrement négative de l’immigration, ce qui ne conduit pas à aller dans ce sens, en tout cas autrement que comme un palliatif potentiel pour une partie du problème.
Le défi absolument majeur en matière de politique publique est donc de refaire du soutien efficace aux naissances et à la natalité une politique publique prioritaire.
Notre thèse est qu’il est souhaitable de réfléchir à une reconfiguration de l’État-providence autour de cet objectif à terme et en tout cas de prendre rapidement des mesures fortes sur le sujet.
Nous ne développons pas jusqu’au bout dans notre note la question de la reconfiguration de l’État-providence car c’est un défi de long terme qui dépasse le cadre de ce travail. Mais pour en dire quelques mots, je pars de l’idée selon laquelle l’État-providence, né au milieu du XXème siècle, a été notamment créé avec l’idée d’apporter une réponse durable et institutionnelle aux crises sociales qui étaient nées de l’industrialisation à partir du XIXème siècle. Il s’agissait de créer un système à la fois plus juste et plus efficace économiquement qui permettait de traiter à la fois le problème politique de la lutte des classes et le problème économique du paupérisme par un État social fort. L’État-providence, de ce point de vue-là, a remarquablement répondu à son objectif durant ses premières décennies.
Aujourd’hui la question se pose de la soutenabilité démographique de la modernité contemporaine puisqu’aucun pays développé ne semble plus capable de produire naturellement un niveau de naissances suffisant pour remplacer les générations. L’État social doit-il être adapté pour prendre en compte ce nouveau défi global et générationnel ? Cette question se pose de manière très forte. Si les tendances sont maintenues l’État-providence actuel risque de devenir une machine à sacrifier les jeunes générations puisque celles-ci sont confrontées à des niveaux de cotisations beaucoup plus élevés que par le passé, pour assurer l’équilibrage du système social. Le taux de retour sur les retraites et pensions par rapport aux cotisations versées est prévu pour être nettement plus faible pour les générations dans les décennies à venir par rapport aux générations actuellement à la retraite. De plus, on constate une hausse tendancielle des dépenses de santé bien supérieure à la hausse de la croissance économique du pays. Le risque est que toutes ces dépenses liées aux effets du vieillissement, donc aux effets démographiques, tendent à évincer les dépenses d’avenir et donc à desservir les jeunes générations avec des boucles de rétroaction qui renforceront les problèmes démographiques.
Face à cette situation on note qu’il reste sur ce sujet dans le débat public une forme de complaisance d’une part et de malaise d’autre part :
Une complaisance liée probablement à un effet d’inertie déjà évoquée du débat public sur cette question. En effet, les représentations des décideurs sont souvent un peu en retard sur la réalité. Or la situation était très positive dans les années 2000-2010, y compris au moment où les gens actuellement aux responsabilités ont été formés. Les choses sont en train d’évoluer de ce point de vue au point qu’une mission d’information parlementaire, créée récemment, est en train d’auditionner les experts sur la question des causes et des conséquences de la baisse de la natalité en France.
Plus gênant, l’idée d’assumer clairement l’objectif nataliste suscite aussi une forme de malaise. Cela peut être de la résignation face à l’inefficacité supposée de ces politiques, M. Artus en parlait, et il est vrai qu’il y a un débat sérieux et important sur le sujet. Mais c’est souvent aussi, ce qui me paraît plus gênant, la conséquence d’une forme de gêne face à l’idée de l’incitation aux naissances, une crainte de donner l’impression de vouloir peser sur le libre choix des individus et en particulier des femmes. À telle enseigne que l’objectif de soutien aux naissances ne figure plus officiellement dans les raisons d’être de la politique familiale, si on lit les objectifs officiels tels qu’ils sont mentionnés dans l’annexe « Famille » du rapport 2024 d’évaluation des politiques sociales. Ceux-ci sont désormais au nombre de trois : la compensation financière des charges de famille, l’aide aux familles vulnérables et la conciliation entre vie familiale et vie professionnelle. Donc le soutien aux naissances n’apparaît plus que comme un effet collatéral avantageux mais n’est plus l’objectif même de cette politique, ce qui pose question.
En réalité il me paraît absolument nécessaire d’assumer l’objectif nataliste sans fausse pudeur dans la mesure où il ne s’agit en aucun cas de forcer qui que ce soit à avoir des enfants. Une telle politique ne fonctionnerait d’ailleurs pas. Il s’agit simplement d’inciter les individus à avoir autant d’enfants qu’ils le souhaitent. Je ne vois pas pourquoi un comportement porteur d’externalités positives aussi considérables pour la société qu’avoir des enfants ne pourrait pas faire l’objet de mesures d’incitation publiques, comme énormément d’autres comportements aux effets positifs. Or, en l’occurrence, il s’agit d’un effet vraiment dimensionnant à l’échelle de la société. Ce n’est donc pas et ne doit pas être une lutte entre ceux qui veulent avoir des enfants et ceux qui ne veulent pas en avoir. Il est essentiel de rappeler que tout le monde a intérêt à ce que tous les Français qui souhaitent avoir plus d’enfants puissent réaliser ce projet.
Il s’agit donc bien de construire un nouveau consensus national sur le sujet. Dans la mesure où il s’agit de stabiliser la population, donc d’assurer la pérennité de l’assise du modèle social, on peut espérer qu’un tel consensus, nécessaire, soit désormais à nouveau possible.
Marie-Françoise Bechtel
Merci infiniment d’avoir donné cette forme de cadrage général à notre futur. La dimension de psychologie collective, que vous avez évoquée, est quand même très impressionnante. À partir des décisions gouvernementales, les pouvoirs publics n’osent pas dire – surtout pas aux femmes – : faites des enfants ! Tout cela s’inscrit dans une complexité de l’univers mental collectif qui a beaucoup évolué et qui joue son rôle. De la même manière on peut se demander si la société de jouissance consumériste et individualiste qui s’installe de plus en plus – c’est un fait quoi qu’on en pense par ailleurs – n’est pas en lien étroit avec la dénatalité. On peut même pousser l’intuition au-delà en disant que la baisse de la productivité en France est peut-être liée, elle aussi, à cette sorte de jouissance consumériste qui aujourd’hui, d’une certaine manière, est donnée comme modèle. On pourrait élucubrer mais ce n’est ni le temps ni le lieu.
Je vais plutôt donner la parole à Baptiste Petitjean.
Il y a en effet un grand absent dans ce débat, un « éléphant dans la pièce », comme on dit. Nous sommes un pays dont l’industrie a chuté dramatiquement depuis quarante ans. « Il faudrait que l’industrie dans chaque pays soit au moins à 20 % du PIB. » disait au tournant des années 2010 le commissaire européen Paolo Gentiloni. Nous sommes très loin de ce chiffre qui était déjà très bas. On ne va pas reconstituer en France les hauts-fourneaux, vous l’avez souligné. Pour autant la France doit-elle abandonner toute ambition industrielle. Et, sans cette ambition industrielle, peut-elle apporter une réponse à la question que nous posons ici ce soir ?
Baptiste Petitjean, qui nous a entraînés dans ce colloque et cet ensemble d’analyses fort importantes et fort complémentaires, va maintenant nous en parler.
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